La paranoïa vous guette. Ne vous en faites pas, tout est normal. Vous contrôlez la situation, vous agissez en toute conscience. Puis, tranquillement, subtilement, un fait vous échappe. Vous ne vous reconnaissez pas. Vous réagissez de façon inconnue, votre cerveau vous joue un tour. C’est le début. Soudain, sans prévenir, tout devient irréel, rien n’est normal. En fait, qu’est-ce qui est réellement tangible ? Et quel est le monde parallèle ?

Fred/Bob Arctor (interprété par Keanu Reeves), agent double pour la section des narcotiques, enquête sur un réseau de trafiquants et de consommateurs de la Substance D, une drogue à forte accoutumance. Il se voit donc obligé d’en consommer et l’enquêteur devient par la force des chose l’enquêté. Il chille donc avec ses nouveaux accros-copains Luckman (Woody Harrelson), Freck (Rory Cochrane) et Barris (Robert Downey Jr) dans le but de récolter des preuves pour piéger Donna (Winona Ryder), leur amie dealer. C’est en tout cas l’histoire de Fred au meilleur de sa connaissance...

Richard Linklater (Dazed and Confused, Before Sunset, Fast Food Nation...) offre un film à la hauteur de l’oeuvre Substance mort, du brillant auteur de science-fiction Philip K. Dick. A Scanner Darkly plonge dans l’univers paranoïaque bien connu de tous les accros de drogues, surtout les plus dures. Si ce film est l’adaptation du roman de Philip K. Dick, dont on ne doute aucunement de la qualité littéraire, le résultat en film aurait pu en souffrir. Linklater s’en tire à merveille !

D’ailleurs, pour mieux intégrer cet univers, je vous conseille d’écouter le making-of d’une vingtaine de minutes. Ce film utilise la technologie de l’animation sur pellicule. J’explique brièvement pour ceux qui ne se casseront pas la tête à explorer le DVD. Le film est tourné avec les acteurs, avec certains aspects de décor. Puis, une équipe d’environ 40 dessinateurs/animateurs transforment l’image filmée en dessin (par rotoscopie), dans la même veine que le film philosophique (du même réalisateur) Waking Life.

La trame sonore du film, interprétée par Radiohead, améliore l’effet surréaliste, déjà présent grâce à la rotoscopie, pour donner un résultat époustouflant. A Scanner Darkly est un festin pour les yeux, de la pommade pour les oreilles...











