Quand son livre 99 francs a été publié en 2000, Frédéric Beigbeder avait séduit son lectorat par sa vision acide du monde de la publicité et sa critique complaisante de la société de consommation. Il fallait bien Jan Kounen pour en faire un film aussi ordinaire.
Publiciste redoutable et blasé, Octave travaille sur la nouvelle campagne des yogourts Madone. Débauché extrême, désillusionné de la romance, il ne trouve refuge que dans la drogue et s’éclate quotidiennement jusqu’au petit matin. Incapable de gérer une liaison qu’il entretient avec une stagiaire de sa boîte, il la largue sans ménagement lorsqu’elle lui annonce qu’elle attend un enfant de lui. Cette rupture pulvérise ce qui lui reste de raison et il s’engage sur un chemin destructeur, d’abord pour lui-même, mais surtout pour Madone, sur qui les frustrations accumulées d’Octave rejailliront impitoyablement.

- Octave Parando (Jean Dujardin) à son meilleur
Tape-à-l’œil, tapageur et surfait. Voilà qui résume assez bien ce nouveau méfait de Jan Kounen, qui ne semble capable que de saboter une carrière que d’aucun annonçaient prometteuse après Doberman (je n’en suis pas). Dans 99 F, Kounen ne fait que ressasser une série de vieilles images à la MTV, mais d’il y a 15 ans. Sa réalisation abracadabrante servirait mieux un jeu de Xbox (l’ancien modèle en plus, même pas le 360) et il nous épuise avec ses emprunts continuels et sans gêne à des réalisateurs plus talentueux que lui. Dans une scène particulièrement embarrassante, notre héros cocaïné se retrouve a déambuler à travers les pages d’un catalogue de linge, avec les prix qui s’affichent et tout le tralala que l’on trouvait si génial dans Fight Club, mais qu’ici on ne peut que trouver ringard. Et c’est comme ça pendant 1 heure 44.
Kounen ne retire aucun mérite des quelques trouvailles narratives que l’on pourrait trouver séduisantes, puisqu’elles se retrouvaient déjà dans le livre. Et il en a d’ailleurs ruiné plus d’une, notamment toute la finale, que Beigbeder voulait ravageuse et sans merci, mais que Kounen saupoudre d’une ambiguïté PG-13 fort contrariante. Le film se termine ainsi, sur une mauvaise idée qui dure 20 minutes, comme une fausse-couche sans fin.

- Octave Parando (Jean Dujardin) à son pire
Jean Dujardin (Brice de Nice) ne sort néanmoins pas trop écorché de l’expérience, bien qu’il paraisse invariablement mal à l’aise derrière les lunettes de Jean-René Dufort à recracher des dialogues en forme de slogans publicitaires. Le spectateur lui, se sent comme tenu en otage devant un Trainspotting embourgeoisé, avec une trame sonore qui nous assomme définitivement, tantôt tonitruante, tantôt piquée à Stanley Kubrick (ce que le réalisateur défendrait assurément comme un hommage, ce qui ne ferait que rajouter à l’insulte). Trop d’hommages tuent l’hommage. Trop d’hommages deviennent plagiats éhontés.
Le roman se posait en miroir et nous rejetait l’image de notre servitude au marketing et de l’immense superficialité de nos existences, le tout sur un ton décapant, drôle, et provocateur, frôlant toujours la limite du mauvais goût. Évidemment, Jan Kounen défonce cette limite après 4 minutes et nous sert un mélange indigeste concocté à partir de vidéo-clips passés date et de fausses bonnes idées . torrent











