2:37

L’angoisse des jeunes

La pire des souffrances restera toujours l’indifférence.

Drame social basé sur un cas vécu réalisé par Murali K. Thalluri, avec Teresa Palmer, Frank Sweet, Charles Baird, Clementine Mellor, Sam Harris et Joel Mackenzie. Australie, 2006, 91 min.

Une journée éprouvante qui se terminera à 2 heures 37 minutes, par une belle journée ensoleillée dans un climat « normal » pour une école secondaire. Par normal, j’entends par là tous les problèmes d’adolescents qui apprennent à interagir ensemble malgré leurs situations émotionnelles, malgré les difficultés à se faire accepter par les pairs. On a tous vécu cela à un moment ou un autre de notre vie, et les plus forts sont souvent ceux qui cachent le mieux, en fait, leurs vulnérabilités. 2 heures 37, une porte verrouillée d’où provient des cris et des larmes, le sang coule dans le bas de la porte.

Véritable huis clos hormonal dans lequel 6 jeunes étudiants d’environ 17 ans subissent ou imposent détresse et souffrance, 2:37 expose la dure réalité de l’adolescence. Tout y est. L’handicapé, le gai assumé et le refoulé, le nerd, M. Populaire, l’athlète, l’artiste incompris, les bullies et les oppressés. Des cas d’inceste, des cas de grossesse involontaire. Bref, et je me répète, détresse et souffrance sont au rendez-vous. Et souvent, les amis, les professeurs et intervenants sociaux, la famille ne sont pas là pour identifier adéquatement les situations pouvant mener au suicide ou au règlement de compte. 2h37, par un bel après-midi ensoleillé, le sang coule...

Basé sur un cas réel, nous assistons à la journée d’école de ces étudiants où les destins se croisent et s’entrecroisent, à la manière du drame de Gus Van Sant, Elephant (d’ailleurs, il y a beaucoup de liens entre les deux films, ce qui me semble un peu troublant). Pour sa première réalisation, Murali K. Thalluri a choisi des acteurs inconnus, souvent néophytes, même en Australie, pour interpréter des rôles ardus. Le résultat est tout de même brillant, les jeunes acteurs offrent des performances enlevantes, très crédibles (sauf pour les témoignages en noir et blanc, qui sont peut-être un petit peu trop joués). Les jeunes acteurs nous en mettent plein la vue, nous donnent le meilleur d’eux-mêmes !

2:37 est un film important dans la démarche de compréhension du climat adolescent. L’intrigue est puissante, la réflexion éprouvante, les situations crédibles. Un véritable retour en arrière pour nous, adultes, et probablement une bonne leçon de vie pour le public adolescent.

mardi 24 avril 2007, par François Gélinas

P.-S.

Sortie au Québec : 27 avril 2007
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