De plus en plus et surtout, de mieux en mieux, les cinéastes savent intégrer les gadgets électroniques dans des thrillers bien ficelés. Heureusement, on s’éloigne progressivement de Lawnmower Man et The Net.
Dans 13 Beloved, un vendeur de trompettes nommé Phuchit se voit remplacé par un point de vente informatique. Le nouveau chômeur, fauché et désespéré, reçoit un appel intriguant sur son téléphone cellulaire. Une voix mystérieuse lui explique qu’il a été trié sur le volet pour participer à un concours. S’il parvient à accomplir les 13 défis qui lui seront lancés par téléphone, il remportera 100 000 000 de Bahts. Sa première épreuve : tuer une mouche. Sa troisième : faire pleurer trois enfants. Chaque requête entraîne des actions plus amorales que la précédente. Phuchit a-t-il l’étoffe d’un gagnant ou personnifie-t-il le dicton : « les bon gars finissent dernier » ?

De Die Hard 3 en passant par The Game et The Running Man, l’histoire d’un participant à un jeu dangereux organisé par une mystérieuse organisation s’est beaucoup défraîchie. Néanmoins, un montage très intelligent et des missions en apparence farfelues mais lourdes de conséquences soulèvent ce film au-delà d’un The Condemened. En guise d’exemple, notez l’exécution de la quatrième épreuve qui s’accomplit hors-champ. L’amusant témoignage d’un clochard brutalisé le révèle. Aussi, des flashbacks de l’enfance du héros viennent pimenter certaines scènes plus dramatiques et s’avèrent essentielles à la résolution du film.

L’efficacité de cette conclusion surprenante démontre la justesse du scénario. Il est vrai que les difficiles décisions du protagoniste se prennent anormalement aisément et que l’adjuvante est réduite à un rôle purement fonctionnelle dans l’intrigue, mais le commentaire sur la cupidité de l’homme, le recours habile à l’humour et la qualité de sa construction compensent amplement pour les quelques faiblesses du scénario.
Si vous ne devez voir que 13 films cette année à Fantasia, assurez-vous que 13 Beloved fasse partie du lot.












